Le phénomène des Ghost Bikes (vélos fantômes)

Un matin d’octobre je faisais une petite balade matinale à vélo pour faire la récup’ alimentaire. En approchant du carrefour Lacassagne / Félix Faure, le trafic était bloqué par les pompiers en intervention. « Qu’est-ce que c’est que ce bazar ? » me dis-je. 

Arrivé à l’intersection, je vois un homme pratiquant un massage cardiaque sur une personne gisant au sol. Une cycliste venait d’être renversée par un camion. Le vélo était plié en deux et le sol était souillé de sang. 

« Comment cela est-il arrivé ? » « Sûrement un manque d’attention de la part du chauffeur… » « Un cycliste fauché par un camion, cela arrive trop souvent ! »  

Nous, cyclistes, sommes tellement fragiles à côté de 5 tonnes de ferraille. Cette personne au sol aurait pu être moi ou quelqu’un de mon entourage.

En fait, elle était une de mes proches ! Une camarade cycliste ! Et un geste en sa mémoire me semblait évident.Les Ghost Bikes, j’en avais déjà vus aux Etats-Unis. Un vélo blanc attaché à un poteau, parfois avec un pot de fleurs et la photo du défunt pour marquer l’endroit où un cycliste a été fauché.

Le phénomène Ghost Bike a commencé aux États-Unis vers 2003 à Saint-Louis et des projets similaires ont vu le jour à Pittsburg, à New York, à Seattle et puis dans toutes les grandes villes. Malheureusement, j’en ai aussi vu un dans ma petite ville universitaire vers 2010. Je dis malheureusement car même dans ma petite ville « Hippies – Bisounours » avec des pistes cyclables partout, il arrive qu’un cycliste soit tué par une grosse machine à moteur à explosion.  

Lors de la Vélorution d’octobre, un Ghost bike, un Vélo Fantôme si vous voulez, a été placé, à l’intersection Lacassagne/Felix Faure en hommage à cette femme partie trop tôt. 

Sa disparition précipitée amène à réfléchir au fonctionnement de notre société. Le pétrole est-il indispensable ? Existe-t-il d’autres moyens de se déplacer ? Comment sécuriser les tracés cyclables afin de prioriser ce mode déplacement écologique, doux et sain ?  

L’absence d’aménagement cyclable dans des secteurs particulièrement dangereux a hélas conduit à un autre décès.  A Caluire, au niveau du pont Poincaré, à l’intersection avec la Grande rue de Saint-Clair, un homme a également été fauché par un camion. À ce carrefour, fréquenté par des cyclistes, aucune bande, aucune voie dédiée, aucun aménagement pour notre sécurité. Ce secteur est considéré par les cyclistes et les associations militantes « vélo » comme un point noir majeur de l’agglomération. Chacun reconnait sa dangerosité, y compris les institutions mais pour l’instant, encore aucune action concrète pour prévenir des accidents.

Lors de la Vélorution de décembre, un 1er vélo blanc a été déposé sur les lieux. Retiré, il a été remplacé lors de la Vélorution de janvier en présence des associations « La ville à vélo » et « Rillieux à vélo ». Celui a été retiré par les services municipaux. Au lieu de ce « nettoyage », un aménagement peut-il être envisagé rapidement afin d’éviter un nouveau drame ? Dans l’attente, un 3ème Ghost bike a pris place …